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Archive pour la catégorie 'Sonhos de Peixe'

L’heure du bilan

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ActualitĂ©s, Festival de Cannes 2006, Semaine internationale de la critique 2006, Sonhos de Peixe, Summer Palace - le 30 mai 2006 à 14h02

Le Festival de Cannes ne doit pas nĂ©cessairement ĂŞtre vĂ©cu comme un marathon, mĂŞme s’il l’est dans la plupart des cas. Qu’il s’agisse du marchĂ© ou du festival proprement dit, c’est toujours la course aux rendez-vous, aux fĂŞtes, aux films. Mais une course d’obstacles, oĂą chaque entrĂ©e est gardĂ©e et la moindre minute prĂ©cieuse et pas facilement cĂ©dĂ©e.

J’ai cette annĂ©e Ă©normĂ©ment couru Ă  Cannes. Mais ce que je retiens le plus, ce sont les temps morts, les pauses. DĂ©couvertes de films, rencontres, moments volĂ©s, c’est de cela dont est vraiment fait Cannes. Dans la course au temps, les seuls moments qui valent vraiment la peine se crĂ©ent quand cette course dĂ©raille, s’arrĂŞte ou se suspend.

Deux ou trois jours aprĂ©s ĂŞtre arrivĂ© Ă  Cannes, j’en avais dĂ©jĂ  marre. Trop de soleil, trop de gens, trop de trucs Ă  faire. Et puis j’ai vu Summer Palace, et puis j’ai su pourquoi j’Ă©tais lĂ . C’est sans doute bĂŞte Ă  dire, mais ce retour aux films est essentiel pour accepter et devrais-je dire encaisser tout ce que nous force Ă  ingurgiter Cannes. Summer Palace est l’un des plus beaux films que j’ai vu Ă  Cannes, tout en sachant il est vrai que je n’en ai pas vu beaucoup. Un tel film sauve la mise, permet de retrouver le chemin d’un cinĂ©ma direct, inventif, sincère et sans concession.

Il sauve la mise, car Ă  cĂ´tĂ© rĂ©sident des films comme 2:37 am prĂ©sentĂ© Ă  Un certain regard. Un film tout entier dĂ©clinĂ© Ă  partir de l’Elephant de Gus Van Sant, qui n’hĂ©site pas Ă  reproduire les plans presque Ă  l’identique, Ă  reprendre les mĂŞmes personnages avec leurs problèmes et leurs tics, Ă  cĂ©der enfin Ă  cette tentation si commune chez les jeunes rĂ©alisateurs de provoquer Ă  tout prix, si possible Ă  la fin pour qu’elle fasse son effet. Cette scène finale, oĂą l’on voit une fille se couper les veines et se vider peu Ă  peu de son sang est insupportable non pas parce qu’elle est dure, mais parce qu’elle clĂ´t un film tout entier conçu sous le signe de l’esbrouffe et de la malhonnĂŞtetĂ©. Et lorsqu’on voit le rĂ©alisateur de ce triste film descendre les marches accompagnĂ© de son Ă©quipe - fier comme un paon - et tous affublĂ©s d’un Tshirt au dos du duquel en plus de la palme d’or est inscrit ” Do you know who is Murali K. Thalluri ?”, on se dit que la coupe est pleine, qu’autant d’autosatisfaction est proprement Ă©coeurant. Le festival c’est ça aussi, une sĂ©lĂ©ction qu’on ne comprend pas, des films qui ne sont pas aimĂ©s (comme Le mĂ©diocre Californie de Fieschi, ou encore Southland Tales, ridicule) et qui se retrouvent nĂ©anmoins programmĂ©s. Par on ne sait quelle nĂ©cĂ©ssitĂ©, on ne sait quelle magie.

Et puis les rencontres. Notamment celle de l’Ă©quipe de Sohnos de Peixe, un film superbe dont vous avez peut-ĂŞtre pu lire la critique sur Cinelogs. Une famille forte et soudĂ©e, animĂ©e par l’extraodinaire energie de Kirill, Nanda, Yasha, ZĂ© Maria, Felipe et tant d’autres. C’est dans ces moments oĂą l’on se dit que le cinĂ©ma en effet n’est pas un moment mais au contraire, loin des salles de projections et des festivals, une communautĂ©, un mode de vie, la vie tout court. Summer Palace ou la famille Sohnos rappellent que comme le disait Artaud, l’art et la vie sont une seule et mĂŞme chose. Et on ne se sent jamais autant vivre que dans ces rares instants oĂą l’on crĂ©e sa vie, oĂą l’on vit dans la crĂ©ation.

Sonhos

A bientĂ´t sur Cinelogs,

Matthieu

[Vidéo] Présentation de Sonhos de Peixe par Matthieu Chéreau lors de la 45e édition de la Semaine internationale de la critique

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ActualitĂ©s, Festival de Cannes 2006, Semaine internationale de la critique 2006, VidĂ©o, Sonhos de Peixe, Kirill Mikhanovsky - le 23 mai 2006 à 11h11

Voici la présentation du film américano-russo-brésilien Sonhos de Peixe par Matthieu Chéreau, rédacteur en chef de Cinelogs, membre du jury de sélection de la Semaine internationale de la critique 2006.

[Vidéo] Les hommes de peu de mots sont les meilleurs

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Festival de Cannes 2006, Semaine internationale de la critique 2006, Chant critique, AmĂ©dĂ©, VidĂ©o, Sonhos de Peixe - le 23 mai 2006 à 11h11

AmĂ©dĂ© a vu Sonhos de Peixe, le film l’a profondĂ©ment Ă©mu.

Alors, comment mieux exprimer son Ă©motion qu’en serrant dans ses bras l’acteur principal du film ?

“Les hommes de peu de mots sont les meilleurs” est une citation de W. Shakespeare

[Vidéo] Débat suivant la projection de Sonhos de Peixe au Festival de Cannes (45e Semaine internationale de la critique)

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ActualitĂ©s, Festival de Cannes 2006, Semaine internationale de la critique 2006, VidĂ©o, Sonhos de Peixe, DĂ©bat - le 23 mai 2006 à 11h11

www.cinelogs.com : le weblog vidéo du cinéma

Inédit : couvert par Cinelogs, voici en intégralité le débat qui a suivi la projection du film brésilien Sonhos de Peixe lors de la Semaine internationale de la critique à Cannes (2006).

SONHOS DE PEIXE, un film de Kirill Mikhanovsky

SYNOPSIS : Dans un village de la côte nord-est du Brésil, Jusce, 17 ans, gagne à peine sa vie en plongeant à près de 30 mètres avec un matériel rudimentaire, pour pêcher des homards. A la fin de chacune de ces dangereuses journées, il ne rêve que d’une chose - rejoindre Ana, qui vit avec sa petite fille et sa mère, et s’asseoir à ses côtés pendant qu’elle savoure à la télé les aventures des citadins sophistiqués de son feuilleton préféré. Ana rêve de quitter son village pour découvrir le monde. Jusce lui, est content de la vie qu’il mène. Les autres pêcheurs, des amis de son père décédé, l’ont aidé à acheter et à rénover son propre bateau. Un jour Rogério, un vieil ami, revient au village avec une d’une buggy rouge, après ses expériences dans la capitale. Le jour où Rogério ramène Jusce chez Ana marque le début de leur rivalité pour attirer l’attention de la jeune femme. Jusce doit alors se réinventer s’il ne veut pas perdre Ana, attirée par Rogério et son style de vie aventureux.

Sonhos de Peixe, de Kirill Mikhanovsky. Une symphonie aquatique

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ActualitĂ©s, Festival de Cannes 2006, Critique, Semaine internationale de la critique 2006, Sonhos de Peixe, Kirill Mikhanovsky - le 17 mai 2006 à 19h07

Il est peu de films où l’on se sent comme chez soi, qui ménagent au regard un espace fait d’évasion et surtout d’intimité. Sonhos de Peixe compte parmi ces films et invite au partage d’un songe poétique et sensuel. Conçu comme un chant de visions éparpillées, le film entremêle paroles et fragments d’images saisis çà et là, de manière libre et entièrement détachée. Comme dans un songe, rien n’est vraiment synchrone. La parole vagabonde dans l’image sans qu’il soit nécessaire d’identifier son origine, tandis que l’image se déroule comme détachée du reste. Parfois la parole cède le pas au silence, qui s’impose par moments pour marquer un suspend, instituer une parenthèse. Souvent précédé d’un fracas, ce silence inaugure le passage à une autre expérience de l’image, contemplative et patiente. Loin d’être conçue comme une rupture dans le ballet perpétuel de sons et images, l’irruption du silence dans le champ semble contre toute attente aller de soi. C’est cette puissance d’évidence qui frappe, à la fois l’originalité et la subtilité d’un montage qui parle une langue intérieure, simple et, pourrait-on dire, élémentaire. C’est là la qualité principale de Sonhos, qui travaille l’image et le son comme des matériaux bruts, les sculpte c’est-à-dire creuse dedans jusqu’à en révéler la forme naturelle, la raison secrète. Il y a dans cette approche du cinéma un côté résolument bazinien mâtiné par un vrai souci de tendre – bien plus adroitement que n’importe quel cinéma tremblé – vers une phénoménologie en acte. Sonhos nous livre à une expérience sans précédent, celle d’un monde simple où tout transpire l’âpreté mais également la sensualité, et dont la force nous parvient brusquement, par saillies successives. La valeur du film ne réside en rien d’autre que dans cette capacité à offrir au regard non pas un monde ni même une histoire, mais une expérience, c’est-à-dire un espace dont la composition est à ce point subtile qu’elle est toujours à recommencer, un espace à notre mesure sans autre limite que notre œil. Ce film magnifiquement orchestré a du souffle c’est indéniable, non seulement parce que le montage image et son ménage par moments de grandes respirations et des belles envolées, mais également parce qu’il inspire, tout simplement.

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